TopoGuide - Le Gard à pied

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Les Cévennes,

terre de liberté ...

D e gauche à droite : château de B resis / photo G.B. ; C évennes ; G énolhac ; C amprieu / photos G ard T ourisme

«U n enchevêtrement de collines bleues s’étalait devant moi ». Ce soir-là, Robert Louis Stevenson n’a pas écrit une ligne de plus dans son Journal de route . « Ce sont les Cévennes par excellence, les Cévennes des Cévennes » déroulaient à l’infini cet enchevêtrement de serres (crêtes) et de vallats (vallées). Il faut voir ce paysage, et, pour ceux qui ne peuvent monter sur les crêtes du Lozère, d’Aujac ou de Bonnevaux, il reste le belvédère des Bouzèdes sur la route en lacets qui grimpe au Mas de la Barque. Malgré des altitudes modestes, l’importance du ravinement lié à la raideur des pentes et à l’encaissement des vallées crée une ambiance réellement montagnarde. Cette montagne chantée par Jean Ferrat, les hommes ne l’ont jamais domptée, mais pour y vivre, ils ont dû la façonner. Des menhirs du Néolithique aux filatures de l’industrie de la soie, l’empreinte laissée par l’homme au cours de son histoire est omniprésente. Parcourir les Cévennes et les Causses, c’est emprunter les drailles ancestrales des troupeaux de moutons transhumants qui rejoignaient jadis des terres plus vertes et plus fraîches. Cette histoire plurimillénaire de l’agro-pastoralisme méditerranéen a récemment valu au territoire des Causses et des Cévennes son classement au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Les Cévennes, ce sont de beaux « villages-rues », aux riches arcades, bâtis sur la Voie Regordane qui reliait jadis Nîmes au Puy-en-Velay. Les Cévennes, c’est une immense futaie de pins maritimes qui servaient encore hier à produire les bois des mines du bassin houiller. Les Cévennes ou le dur labeur des paysans qui ont sué sang et eau pour fabriquer une plaine en altitude : les terrasses (bancels, faïsses) dont beaucoup sont aujourd’hui laissées à l’abandon. Les Cévennes, c’est « l’arbre à pain » (le châtaigner) puis « l’arbre d’or », le mûrier de l’époque de la soie. Les Cévennes c’est aussi depuis toujours une terre de refuge, hier réfugiés protestants, réfugiés pendant la seconde guerre mondiale, aujourd’hui néoruraux quittant les villes pour retrouver dans ces terres austères, d’autres valeurs… Les Cévennes, terre de liberté… L a chapelle L achamp à R obiac -R ochessadoule / photo J.-M.A./GT

LES CÉVENNES, TERRE DE LIBERTÉ…

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